Seconde.Parcours de personnages, une séquence complète.

lundi 2 janvier 2012
par  Cécile Mansour et Catherine Lamboley
popularité : 18%

Projet didactique :
Cette séquence permet de répondre aux questions 2 et 3 de l’objet d’étude « Parcours de personnage » :
• En quoi l’histoire du personnage étudié, ses aventures, son évolution aident-elles le lecteur à se construire ?
• Les valeurs qu’incarne le personnage étudié sont-elles celles de l’auteur, celles d’une époque ?
On vise à ce que les élèves répondent de la manière la plus ouverte possible en reprenant les différentes strates de lecture. Il nous importe de les initier à la lecture analytique.
En la plaçant en début d’année, cette séquence permet de travailler les quatre compétences de l’enseignement du français en Bac Pro en développant particulièrement l’autonomie et l’initiative en lecture. Elle peut également servir d’amorce à l’étude de la question N°1 : les héros littéraires d’hier sont-ils les héros d’aujourd’hui ? On veillera à laisser émerger les représentations des élèves sur cette notion. Si nous choisissons de traiter les questions 2 et 3 pour entrer dans les textes, les étudier pour engager une réflexion commune. Nous avons choisi un groupement de textes, parfois patrimoniaux comme pour l’extrait de Madame Bovary, puisés dans le roman réaliste du XIX °s, afin de montrer à nos élèves qu’ils ont des compétences en lecture et de les confronter rapidement à la littérature tout en enrichissant leur culture littéraire et ainsi construire leur identité culturelle. De plus le champ de cet objet d’étude est littéraire. Elle est centrée sur l’étude de la langue et sur les discours rapportés. Nous partons du principe que le discours est un moyen de construire un personnage et de le découvrir, et par-là aussi de se connaître et de se construire en tant que lecteur et auteur.

_ Problématique générale : Discours et construction des personnages : comment le personnage réaliste se construit-il à travers les discours ? En quoi ce choix énonciatif permet-il au narrateur de porter un jugement sur les personnages et /ou sur ses contemporains ? Comment le personnage peut-il entrer en résonnance avec le lecteur ?

Quelques propositions pour le bilan final : Le personnage réaliste (voire naturaliste) porte les valeurs d’une époque car il est inspiré de la réalité (cf. notes sur personnage de Zola, utilisation du faits-divers chez Stendhal et Flaubert, documentation chez Maupassant). Les romanciers donnent à voir avec une précision quasi photographique. Balzac l’affirme clairement quand il déclare qu’il veut faire une œuvre qui traduise avec exactitude et rigueur la société (discours politique et provincial des comices). Il y a donc une fonction informative, quasi documentaire
La notion de héros se modifie, tous les personnages peuvent être des héros, la classe sociale n’est plus discriminante (prostituée, alcoolique) : utopie sociale, rêve du grand soir. D’ailleurs on voit naître le modèle du héros qui va tenter de transgresser le déterminisme de sa condition (Duroy, Gervaise, Nantas) par une confrontation directe avec l’hypocrisie sociale, l’arrivisme. Le héros n’est plus vertueux et l’antihéros devient héroïque. Avec le naturalisme le personnage réaliste devient même l’objet d’une expérimentation quasi clinique à la C .Bernard (scène de repas chez Zola). Il place le personnage dans un contexte et le fait évoluer jusqu’à la déchéance / Gervaise. La nature humaine est montrée dans ce qu’elle a de plus de plus cru : sexualité, mort, alcoolisme, vieillesse, déchéance. (A la fin de l’Assommoir Gervaise mange avec les mains)Mais on touche à une limite car il est difficile de réduire complexité de la nature humaine à un ensemble de réactions programmées.
Mais le personnage échappe aussi à son siècle : .le héros réaliste devient archétype, on s’approche du mythe. Et c’est d’ailleurs ce qui lui confère en grande partie son actualité, le personnage réaliste nous hante (voir la BD de Lebeault), nous habite tout au moins car il nous ressemble malgré son éloignement du réel. On pense aux paronomases (c’est une Emma, Un Rastignac) C’est alors la fiction qui fait sens. Un autre paradoxe c’est qu’alors que le siècle est porté par la lumière du positivisme et du progrès on montre l’homme, l’âme humaine dans ce qu’elle a de plus écœurante (au sens propre le repas) comme littéral (Rodolphe), de plus noir : jamais on ne l’a ainsi donné à voir avec une telle férocité avec une telle honnêteté aussi. On retrouve alors une esthétique réaliste contemporaine à fonction de peinture sociale.


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Tableau synoptique
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S1 Flaubert
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S2 Zola
S2 Zola
Bel Ami . Evaluation
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Documents critiques
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